vendredi 16 février 2018

Armées / Innovation - Des processus innovants face au temps et aux risques (4/5)

Suite d'une série en 5 volets sur l'innovation dans les armées, après les propos introductifs, la nécessité d'une politique ambitieuse d'expérimentations, et les évolutions possibles de la définition du besoin à la production. La première version a été plus que largement remaniée et augmentée, notamment suite à plusieurs échanges et commentaires.
 
Le rapport annexé publié en même temps que le projet de loi de programmation militaire 2019-2025 revient sur quelques enjeux de la poursuite de la transformation du ministère des Armées, notamment dans l’approche capacitaire : "Cette réforme [ndlr : de la gestion des programmes d’équipements] concernera tous les stades du cycle de vie des équipements et impliquera l’ensemble des acteurs concernés (armées, DGA, industrie). Elle portera en particulier sur les champs fonctionnels suivants : la gouvernance et l’organisation, les méthodes, les normes, les processus qualité et les outils techniques mis en œuvre, les relations entre l’Etat et l’industrie, les financements et le partage des risques. Trois leviers clé de performance seront utilisés :
  • Le travail collaboratif et le décloisonnement des acteurs (équipes et plateau projet) à tous les stades ;
  • L’utilisation des outils numériques et notamment l’ingénierie systèmes, la simulation, le Big Data, l’intelligence artificielle ;
  • Le renforcement des compétences.
Cette réforme des processus de conduite des projets tirera partie des meilleures pratiques appliquées dans le domaine civil et chez nos partenaires internationaux. Elle sera appliquée pour les programmes nouveaux lancés au cours de la période et, chaque fois que possible, sur des programmes d’ores et déjà engagés".
 
 
Simplifier la complexité des opérations d'armement - vecteur nautique d'infiltration du 13è régiment de Dragons parachutistes (RDP)

Force doit rester à la Loi… qui n’est par contre en rien figée
 
Au-delà du niveau de dépenses et de leur structuration, il s’agit également de trouver des marges d’agilité dans les processus qui conduisent à leur employabilité. Et cela, face à certains freins notamment législatifs. Du texte chapeau, l’instruction générale 125-1516 relative au déroulement et à la conduite des opérations d’armement de 2010, aux instructions de déclinaisons particulières (comité ministériel des investissements, comité de capacités, etc.). Le tome 1 de cette dite instruction donnant le cadre (principes, stades, attendus, jalons, etc.) et le tome 2, les plans types de documents livrables. Le processus d’une opération d’armement qui en découle peut sembler, à première vue, conduire à se prémunir avant des risques (financiers, techniques, retards, etc.), sans d’ailleurs réellement préciser les mesures à prendre en cas de survenance, que de répondre aux besoins opérationnels, dans les temps et dans les coûts.

lundi 12 février 2018

Armées / Innovation - Une réflexion à mener sur toute la déclinaison de la stratégie des moyens (3/5)

Suite d'une série en 5 volets (normalement...) sur l'innovation dans les armées, après les propos introductifs et la nécessité d'une politique ambitieuse d'expérimentations, dont la première version a été plus que largement remaniée et augmentée, notamment suite à plusieurs échanges...
 
Afin que la réflexion et l’action ne se limite pas à un seul des pieds de la stratégie générale militaire, celle liée aux voies de l’action militaire (la stratégie dite "opérationnelle"), il s’agit d’amplifier les efforts d’adaptation de l’autre pied, celui de la stratégie dite "des moyens", comme définit dans sa structuration politico-militaire par le général Lucien Poirier (dans l’ouvrage Stratégie théorique II) ; C’est à dire celle s’intéressant à la création qualitative et quantitative, et la mise à disposition, de ressources militaires (hommes, équipements, etc.), notamment sa partie appelée "stratégie génétique" pour le développement de ces ressources. Et dans une moindre mesure, à la "stratégie logistique" pour leur acheminement au bon endroit et au bon moment (dans une approche de mise à disposition dépassant la manœuvre tactique logistique de flux). Cela conduit à s’intéresser à la fois aux processus, aux interactions entre organisations, aux budgets, aux modes de production, etc. Afin d’atteindre les objectifs de cette stratégie, la mise à disposition des ressources pour répondre au mieux aux besoins, de manière pérenne, il s’agit d’amplifier certains mouvements, dans lancer d’autres, de rééquilibrer certains usages, etc.
 
 
Sans doute pas une innovation de rupture, mais...
VAB version parasol (opération Barkhane - Sahel - août 2014)

Juste besoin des choix capacitaires, vous avez dit…

Dès la définition de l’architecture des forces, l’effort doit être fait pour rendre le modèle pérenne dans le temps, notamment par les choix technologiques retenus, tout en rendant possible l’accélération du rythme de l’adaptation, face aux adversaires présents ou futurs. Ainsi, il s’agit de ne pas toujours tenter d’atteindre une perfection absolue (en termes de spécificités, de coûts, etc.), difficilement atteignable techniquement, coûteuse sur tout le cycle de vie de l’équipement considéré (en possession et non juste en acquisition), et plus globalement en coût du cycle de vie de la capacité, en plus d’être chronophage dans la phase de développement. Cette quête, sans recherche au plus tôt d’un juste compromis assumé, conduit généralement à réduire les quantités du fait de la hausse des coûts unitaires. Or la polyvalence suppose le nombre (via une série homogène longue). Il s’agit potentiellement de rendre les opérations d’armement, et l’architecture globale, plus sécable (logique de batchs ? d’innovation progressive ? de frugalité technologique ?). Au-delà du fait que cela pourrait les faire basculer (notamment pur des questions de volumes) de la catégorie administrative "opérations d’armement" à "autres opérations d’armement" (AOA), généralement plus flexible en conduite. Notamment pour rendre plus raisonnable certains risques d’investissements du fait des montants en jeux, les conséquences d’éventuels échecs, les engagements sur des durées très (trop) longues pour garantir une rentabilisation, etc.

Ainsi, certains dogmes fondamentaux ne peuvent-ils pas être remis en partie en question ? Les équipements majeurs (avions, bateaux, blindés, etc.) doivent-ils être tous pensés pour avoir une durée de vie longue ? Comme les durées de vie escomptées, qui pèsent sur les risques de déclassement, des Tigre, Rafale et VBCI autour de 30 ans, missile MDCN ou FTI autour de 25 ans, etc. Ne peuvent-ils pas se contenter de répondre à des besoins plus réduits, notamment à des menaces émergentes et/ou changeantes, sur des périodes données ? Pour une opération donnée ? Pour une dizaine d’années ou sur la durée du marché de soutien initial ? Avec des coûts de possession potentiellement réduits si leur utilisation est prévue pour ne pas aller pour tous jusqu’à des grandes visites de maintenance, car l’engagement contractuel pris du maintien des spécificités attendues des équipements coûte de plus en plus cher avec le temps, du fait des risques et incertitudes reposant sur la garantie des performances. Avant que ces équipements, pour une rentabilisation financière partielle, ne partent sur un marché de l’occasion, aujourd’hui à fortement développer en termes de ressources humaines dédiées, de campagnes de prospection, de facilités contractuelles, de réintégration au budget des armées des crédits budgétaires réunis par les cessions, etc. D’autant plus que les équipements aujourd’hui à proposer par les armées sont généralement tellement usés, qu’ils ne sont pas toujours souhaités (ni souhaitables) pour nos partenaires…

lundi 15 janvier 2018

Armées / Innovation - Des démonstrateurs à intégrer dans une ambitieuse politique d'expérimentations (2/5) [MAJ]

Les acteurs industriels de l’aéronautique française, par la voix de leur fédération professionnelle, le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales), souhaitent donc qu’une part plus importante des futurs crédits du ministère des Armées en Recherche et Technologie (R&T), notamment les études amont, permettent de soutenir "une culture de conception par démonstrateurs". Ces crédits étatiques sont utilisés, en plus des financements industriels sur fonds propres, en préparation du lancement, ou non, d’opérations d’armement (OA). Selon ces acteurs, cette culture est à développer notamment pour le futur de l’aviation, surtout celle dite "de combat", aujourd’hui au milieu du gué entre deux générations : entre innovation incrémentale pour l’adaptation de la génération précédente (via notamment une logique d’évolution par standards successifs) et premières études d’orientation sur l'architecture de la génération suivante (avec un système de combat aérien futur (FCAS) composé de l'interaction optimisée de "tout ce qui vole" en termes de plateformes porteuses de capteurs, senseurs et effecteurs, et cela "en nombre").
 
 
Démonstrateur Neuron lors d'une (courte) campagne d'essais avec le porte-avions Charles De Gaulle et un appareil omnirôle Rafale (DGA)

Ce vœu rejoint les propos du délégué général à l'armement (DGA) Joël Barre en octobre 2017 lors d’une audition à l'Assemblée Nationale: "Les innovations sont de plus en plus rapides, de plus en plus fréquentes, il faut essayer de les identifier, de les expérimenter, de les capter et de les introduire dans nos systèmes. Cela passe notamment par la multiplication des démonstrateurs - au sol, en vol ou en mer -, véritables prototypes de matériels ou de systèmes, qui coûtent évidemment plus cher que des études sur le papier ou des maquettes en laboratoire. Notre enveloppe actuelle d’un montant moyen de 730 millions d’euros annuels est insuffisante pour réaliser ces démonstrateurs". De même, la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale publiée fin 2017 indiquait : "Des démonstrateurs d’envergure permettront de mieux préparer la prochaine génération de systèmes et d’équipements, aptes à conférer la supériorité opérationnelle et à assurer de futurs succès à l’export, dans un contexte de compétition exacerbée". Tous s’accordent donc sur la nécessité financière, un des pans de la problématique.

Passer la vallée de la mort plus rapidement, notamment que les adversaires

Il s’agit donc de réaliser des plateformes, mais également l’environnement autour (senseurs, effecteurs (dont l’armement), réseaux, etc.), pour lever certains risques (financiers, techniques, industriels, opérationnels, etc.) et valider les technologies en conditions aussi réelles que possibles (les apports comme les défaillances). Par définition, le prototype fonctionnel (différent notamment du prototype numérique, sorte de "jumeau numérique" avec un développement via la simulation), plus souvent appelé aujourd'hui démonstrateur technologique, peut ne répondre à aucun besoin opérationnel militaire immédiat. Il permet néanmoins l'application, l'intégration et la validation de technologies déjà existantes ou en cours de développement dans une logique applicative. Tout en pouvant servir, et ce n'est pas le moindre des apports, de rodage pour le travail collaboratif à plusieurs partenaires (dont internationaux, étatiques ou industriels) dans les modalités de développement et de production (maîtrise d’œuvre, sous-traitance, etc.). Et cela, avec des risques moindres, et des conséquences moindres en cas de difficultés ou d’échecs, du fait de sa non-application immédiate. Dès lors, un juste équilibre des crédits entre les différents types d’activité de recherche doit être trouvé, entre court et long termes, technologies émergentes et matures, etc.

vendredi 22 décembre 2017

Rétrospective 2017 - Et en avant !

Une année s'achève, une autre débute. Nous essayerons d'être fidèle à la ligne fixée depuis 2008 à la création de cet espace, aujourd'hui inséré dans un écosystème social plus vaste : Twitter passage des 10.000 followers au cours de l'année, Facebook passage des 5.000 abonnés, etc.
 
Ni misérabiliste ou défaitiste, des états d'esprit trop souvent cachés derrière un pseudo-réalisme.
 
Mais autant que possible rester tourné vers l'action (sans réflexions de type "sculpture de nuages"), avec une utilité de la réflexion critique en tentant de proposer, au mieux.
 
Enfin, une compréhension par le plus grand nombre, avec une ouverture au débat et à la discussion, vers le plus grand nombre et pas seulement vers ceux déjà convaincus.
 
 
Joyeux (et saint) Noel !
 
Au bilan, une petite vingtaine d'articles, dont certains appelleront une suite dans les mois à venir. Parmi les plus lus, partagés et discutés : 
 
1/ Lecture - "De la cité au rang des officiers. Ou l'ascension d'un voyou dans l'armée" (Mehdi Tayeb) (octobre 2017) : cette fiche de lecture est tout simplement l'article le plus sur Mars Attaque en 8 ans. Un coup de cœur sur un parcours vrai et fort, illustrant par des mots simples l'escalier social que représente encore les armées.
 
2/ Une série tentant d'expliquer simplement, via un modèle théorique le plus exact possible, les différentes conséquences des coupes budgétaires sur les équipements des armées :
 3/ Une autre série présentant en 5 volets (qui devraient être prochainement mis à jour) l'action au sol des militaires français auprès des unités irakiennes, kurdes ou syriennes :
4/ Entretien - les mutations du renseignement militaire : dissiper le brouillard de la guerre ? (Joseeph Henrotin) (février 2017) : présentation d'une étude Focus stratégique publiée par l'IFRI et rédigée par le rédacteur en chef du magazine DSI (2 publications absolument à suivre) pour traiter de quelques grandes problématiques du renseignement d'intérêt militaire actuel.
 
5/ L'innovation peut-être, certainement même, mais avant tout pour vaincre ! (décembre 2017) : 1er volet d'une série (le second volet est en cours de finalisation...) qui tentera de poser quelques préalables et dresser quelques pistes autour de l'innovation rapportée aux capacités, alors que le concept, aujourd'hui à la mode, ne peut pas être juste un mot qui fait bien et moderne. 

jeudi 14 décembre 2017

Armées / Innovation - L'innovation ? Certainement ! Mais avant tout pour vaincre ! (1/5)

L’emploi du terme "innovation" est à la mode aujourd’hui dans les armées et les institutions associées. Certaines mauvaises langues disent même qu’il est indispensable de l’employer et de s’y rapporter aujourd’hui pour espérer obtenir l’attention de certains chefs et décideurs sur des problèmes à régler et/ou des décisions à prendre. Quelques préalables et cadrages, appliqués notamment au cas de l’innovation capacitaire (qu'elle soit technologique, d'usage, sociale, etc.), permettent de rentrer, de manière hautement critiquable et incomplète, il en va s’en dire, dans le sujet. Une introduction aux développements qui suivent dans les articles à venir.

Ce n'est pas innovant d'innover

Les armées, directions et services du ministère des Armées n’ont évidemment pas attendu il y a quelques mois, juin 2017 et l’arrivée en fonction de certains hauts responsables, selon les mêmes persifleurs cités ci-dessus, pour innover. C’est-à-dire obtenir des avantages (sur différents niveaux possibles : couts, risques, temps, performances, etc.) par la nouveauté (par des idées mises en pratique), de manière incrémentale (sans un changement de modèle) ou disruptive (avec une rupture du modèle). S’adapter (en améliorant les effets présents ou en en intégrant d’autres) est, du moins en théorie, dans l’ADN même des armées.


Innovation d'usage ? Parfois dire "zut" aux règlements qui interdisent un mode de transport, et savoir et pouvoir prendre des risques, mesurés, quand cela est nécessaire
Militaires du 1er régiment de chasseurs parachutistes (RCP) sur le plateau d'un camion TRM 10 000 - opération Serval  - février-mars 2013

Pourquoi ? Du fait de facteurs plus externes qu’internes. Parce que la raison d’être la plus exigeante de ces organisations est l’acte du combat (au service de la défense et de la protection des Français et de leurs intérêts). Ces structures sont en effet tournées vers ce duel, cette confrontation des volontés face à un adversaire doté lui aussi de capacités et d’intelligence. Une rencontre, violente, parfois sanctionnée au mieux par la blessure au pire par la mort, théâtre de lois d’actions réciproques, d’action et de réaction par l’adaptation : des boucles de rétro-actions, globalement, positives, portées vers la survie. Il s’agit donc d’innover non pas pour des raisons purement marketing, politiques, technologiques ou économiques, mais bien pour une raison supérieure : "un seul but, la victoire" (pour reprendre le mantra, titre de ses mémoires, du général Henri Giraud, repris comme devise notamment par la 3ème division), aujourd’hui et demain.

vendredi 27 octobre 2017

Publication - "Chasing Grandeur? What you need to know about the 2017 French Strategic Review" (War on The Rocks)

En collaboration avec Guillaume Lasconjarias, chercheur au Collège de défense de l’OTAN (Rome), je publie sur le site War on the Rocks un commentaire (en Anglais) d'analyse sur la récente Revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017
 
Ce document, part de la stratégie déclaratoire de la France, qui tente de faire une double synthèse : le maintien d'une ambition élevée et une nécessaire régénération des forces armées, et le maintien d'une autonomie stratégique sur bien des points et l'articulation de la coopération sur bien d'autres.
 
 
War on the Rocks est une des plus importantes plateformes collaboratives sur les questions stratégiques, selon le principe de "peer review". Acteur central d'animation du débat stratégique, américain, et plus globalement international, il est une source appréciable d'analyses de haut niveau.
France’s new Strategic Review has just been published. Yes, it is a Strategic Review and not a White Paper, and the change of name is more than just an exercise in rebranding. It is shorter, more concentrated, and more concise than a White Paper – the 2013 version had 136 pages developed over seven different chapters. The new Review (only available in French for the moment, but an English version is due in November) sets out France’s priorities for the next ten years, and as stated by President Emmanuel Macron in the foreword, aims at “coming up with solutions to today’s great crises, promoting [France’s] values, and protecting its interests.”

But, let us move on to see what lies behind the rhetoric. The Review is not trumpeting that France is back. More precisely, it performs two key functions: As a policy document, it sets out the future of French defense and security policy that will shape the Law on Military Programming for the years 2019-2024 (the current Military Planning Actoriginated from the previous White Paper and was updated in 2015). Second, it lays out Macron’s vision for France: taking the lead in shaping a European defense policy in response to a world of “threats and opportunities” – as stated in the seminal speech he delivered as a candidate.

Born out of the president’s determination to move swiftly, this Review was produced in just three and a half months, thus avoiding a more time-consuming and formalized process. It spells out the presidential pledge to gradually raise defense spending to reach a two percent GDP target by 2025, despite an initial cut in 2017 (which stirred up some political turmoil and led to the resignation of the then-Chief of Defense Gen. Pierre de Villiers).

Originality is not the forte of this Review, but it is rigorous in style, taking stock first of a new, rapidly deteriorating strategic environment with a rise in challenging threats and risks, and second of new forms of conflict and warfare, for which France seeks both strategic autonomy and European ambition. Realistic and well-structured, the Reviewupholds the basic conditions for grandeur to endure and for France to meet its international obligations – it is an element of continuity rather than a profound transformation.

Dans une logique un peu différente, mais toujours afin de nourrir sa réflexion et favoriser le débat d'idées, le lancement en France de "GeoaStrategia, l'agora stratégique 2.0", via le CSFRS (Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques), est à souligner comme plateforme centrale de reprise d'articles.

lundi 9 octobre 2017

Lecture - "De la cité au rang des officiers. Ou l’ascension d’un voyou dans l’armée" (Mehdi Tayeb)

Passer en 10 ans et 7 mois de la cité et d'un parcours de délinquant confronté à la justice au rang des officiers de l’armée de Terre française, en étant aujourd’hui capitaine commandant d’unité après avoir grimpé les échelons, d'engagé volontaire suite à son service militaire, sous-officier puis officier. Une plongée pleine d'espoir au cœur de "l'escalier social" (et non "l'ascenseur social" où il suffit d'appuyer sur un bouton pour monter, sans effort...), loin de tout fatalisme
 
Pas de récit guerrier ici, au-delà de quelques coins de voile soulevés sur certaines missions discrètes d'unités du renseignement en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan ou au Mali. L'auteur ayant été au cours de sa carrière à différents postes dans  des unités tactiques spécialisées (parfois disparues et transformées aujourd'hui), incontournables pour le succès des opérations passées et présentes, sans être forcément sous les feux de la rampe : escadron de recherche, escadron de reconnaissance et d'intervention anti-char, batterie de renseignement de brigade, etc.

 
L'ouvrage, auto-édité (disponible sur le site de l'auteur, à 9,99€ en format papier et 3,99€ en format numérique), est par contre une plongée, en une grosse centaine de pages, à hauteur d’homme, dans un parcours où à force de volonté, d’abnégation et de travail, "un voyou", comme l'auteur se définit lui-même, sort de l’engrenage destructeur de sa jeunesse, à base de vols, de violences et de confrontations avec la justice, pour se hisser là où il est aujourd’hui. Donner du sens et du concret à certaines valeurs, par un parcours bien réel, avec un exemple comme il en existe d'autres. S’engageant après son service militaire, "un échappatoire" à son quotidien, il gravit les échelons des responsabilités pour devenir tour à tour sous-officier puis officier. 17 ans de service plus tard, 11 opérations extérieures au compteur, marié et père de famille, il témoigne ici, humblement, de son parcours. Parcours loin d'être fini.

lundi 18 septembre 2017

A vos agendas ! Présentation de l'ouvrage collectif "Notre monde est-il plus dangereux ?" (10 octobre - Ecole Militaire - Paris)

À l'occasion de la parution de l'ouvrage collectif, auquel j'ai (très modestement) participé, "Notre monde est-il plus dangereux ? 25 questions pour vous faire votre opinion", dirigé par Sonia Le GOURIELLEC (Good Morning Afrika), une conférence de lancement est organisée le mardi 10 Octobre 2017, de 16h à 18h à l’École militaire, amphithéâtre MOORE.
 
 
La présence d'une grande partie des auteurs de cet ouvrage collectif est annoncée, afin de pouvoir échanger avec eux, discuter sur le point d'interrogation à la fin de la question servant de titre à l'ouvrage, les approcher "en vrai" ! N'hésitez donc pas à venir, en ayant commencé ou non la lecture de l'ouvrage (aujourd'hui disponible à la vente), avec vos éventuelles questions suite à la lecture.
 
Pour cela, nous vous remercions de bien vouloir vous inscrire en indiquant vos nom, date et lieu de naissance ainsi que votre nationalité à l’adresse : inscription.irsem@defense.gouv.fr

mardi 12 septembre 2017

Armées - La preuve par A + B que les étalements des livraisons ne sont pas sans conséquence (Julien Maire)

Quels impacts des étalements de livraisons (notamment dues à des coupes budgétaires) sur les coûts et l'exploitation des flottes d'appareils ? En se basant sur un modèle théorique aussi exact que possible, Julien Maire, spécialiste des questions industrielles de Défense et auteur du blog European Military Aircrafts, apporte des  éléments de réponses à cette question. Cet article faisant suite à celui sur l’impact multi-facteurs de la réduction de la taille des flottes d’appareils.

Comme modèle théorique, supposons un plan de livraison linéaire (donc sans accrocs chez le fournisseur…) pour une flotte de 12 appareils à raison de 3 appareils par an (1 en Janvier, 1 en Mai et 1 en Septembre). Comme dans le précédent exemple, le matériel a une maintenance périodique (qui dure 6 mois) de 400 h de vol ou tous les 2 ans. En conséquence :
  • Ce plan de maintenance donne donc les potentiels de vols annuels (au point optimal, cf. article précédent) suivants : 400 HDV à la fin de la 1ère année de livraison, 1.000 HDV en n +2, 1.350 HDV, et 1.900 HDV (ou 1.920 HDV en potentiel lissé : 12 x 400 / 2.5) ;
  • En accord avec cela, un plan de montée en maturité de la flotte a été défini, à raison de + 400 HDV / an (pour l’ensemble de la flotte livrée, progressivement) : 400 HDV la 1ère année, 800 HDV la seconde, 1.200 HDV, 1.600 (puis 2.000 HDV, soit à peine au-dessus du rythme calendaire présenté juste au-dessus). Ce qui laisse une petite marge de manœuvre (entre le potentiel optimal de la flotte et le potentiel exigé) en cas de retards mineurs sur des livraisons, sur les durées des 1ères maintenances (où il faut se faire la main), etc.

Pour faciliter les calculs suivants, nous avons pris l’option de définir le plan de maturité en fonction d’une cadence de production, donc de livraisons. Mais, entre ces 2 aspects, c’est généralement l’histoire de l’œuf et la poule (qui arrive avant qui) : comme dans un PIC (S&OP), processus de Planification Industrielle et Commerciale, où le département Ventes/Commerce soumet un besoin au département Industrie/Production qui lui répond une faisabilité en fonction de sa capacité propre qui doit coïncider au mieux avec les attendus de l’autre département. Or le plan de livraison épaulé par le PIC est en réalité le croisement entre le plan de maturité attendu par le client et la réponse industrielle.

Ainsi, à ce rythme, la flotte sera entièrement livrée au bout de 3 ans et 8 mois (car (12-1) x 4 = 44 mois). Avec, une montée à plein potentiel en fin de 4ème année. Donc, moins de 4 ans de vie (et seulement 1 visite périodique) sépare la 1ère machine livrée et la dernière machine de la flotte.

Or, pour notre illustration, Loi de Programmation Militaire (LPM) et/ou restrictions budgétaires et/ou prises de retard par l’industriel obligent, en milieu de la 2nde année, le programme passe à 2 livraisons par an (Janvier et Juillet), sachant que celle de Septembre de n + 2 passe à Janvier de n + 3, pour encore plus limiter les besoins en crédits de paiements (et tenter de maximiser les économies de gestion en n + 2). Soit une dernière livraison arrivant au bout de 60 mois (et non 44 mois). Soit 16 mois plus tard qu’avec le rythme initial.

jeudi 7 septembre 2017

Armées - La preuve par A + B que les réductions de la taille des flottes d'appareils ont de multiples conséquences (Julien Maire)

Quelles conséquences court/moyen terme à la réduction des flottes d’appareils, hélicoptères ou avions, notamment dues aux coupes budgétaires ? Quels impacts des étalements de livraisons (également dues à ces coupes) sur ces mêmes flottes ? En se basant sur un modèle théorique aussi exact que possible, Julien Maire, spécialiste des questions industrielles de Défense et auteur du blog European Military Aircrafts, apporte des réponses à chacune de ces deux questions. N'ayez pas peur des chiffres, cela va bien se passer.

Cette première partie illustre les impacts déjà notables avec une réduction de flotte de seulement 10%. Dans les faits de la précédente Loi de Programmation Militaire (LPM), les réductions de flottes (à terminaison ou à certains points d'étapes) sont bien plus souvent de l’ordre de -20% / -30% (Tigre, NH-90, A400M, etc.) , en premier lieu parce qu’une réduction de seulement 10% du nombre d’appareils commandés n’est pas rentable dans la renégociation de contrat entre l'Etat et les industriels (et donc non source d'économies à court terme).
 
 
  • Considérons pour notre exemple, pour une flotte d’appareils, un besoin d’emploi de 3.200 heures de vol (HDV) / an.
  • Le matériel pour cette flotte a une maintenance tous les 400 HDV ou 2 ans (un peu comme si votre voiture a une révision à fréquence de 30.000 km ou 5 ans).
  • Cette maintenance périodique dure 6 mois.

jeudi 24 août 2017

Se souvenir. Soutenir l'opération Centenaire "Croche et Tient" (du 21è RIMa)

Le 21ème régiment d'Infanterie de Marine (unité d'infanterie basée à Fréjus, chère à mon cœur pour y avoir passé une courte mais non moins intense et marquante période il y a plusieurs années) fêtera en 2018 le centenaire de sa devise "Croche et tient" issue des durs combats menés au début de l'année 1918 au Fort de la Pompelle.
 
Cet ouvrage défensif adossé à la Montagne de Reims est tenu par des éléments du 21ème régiment d'Infanterie coloniale (RIC), unité de filiation du 21è RIMa, avec comme mission "s'accrocher et tenir" face aux attaques prussiennes. Ce qu'ils feront au prix d'importantes pertes humaines repoussant les assauts, supportant les gaz et les pilonnages au 210 mm, dégoutant les Prussiens qui s'acharneront alors surtout à bombarder Reims jusqu'au dégagement complet de la ville en août 1918.
 
 
Pour se souvenir de cet héritage qui marqua et marque les 4 générations de feux qui se sont succédés au cours d'un siècle d'opérations de ce régiment, différents événements seront organisés par le régiment au cours de l'année 1918.
 
Notamment le 1er juin 1918 au régiment, quartier colonel Lecocq, mais également sur les lieux des combats au Fort de la Pompelle. Ce jour-là à Fréjus, un monument à la gloire des marsouins, et incluant une dalle du Fort de la Pompelle, sera inauguré, tout comme la modernisation de la partie traditions du régiment pour en découvrir sa richesse.
 
Financés sur fonds propres, ces projets nécessitent la collecte de fonds nécessaires à la concrétisation de ces événements et actions (monument, exposition, panneaux pédagogiques, etc.), auprès de tous ceux qui voudront bien soutenir : les anciens du 21ème RIMa et des unités y ayant stationnés comme l'EFORTOM (Ecole de formation des officiers du régime transitoire des troupes d'outre-mer), le 4ème RIMa, et le GITDM (Groupement d'instruction des troupes de marine), les proches et amis du régiment fréjusiens ou des environs, etc.
 
Il est possible de participer par chèque à l'ordre "Ana 21E de Marine / Centenaire Croche et Tient" (envoyé au 21è RIMA Camp Le Cocq CS 20099 83 6008 Fréjus Cedex) ou, encore plus simple, via la cagnotte en ligne sur Leetchi.
 
Un beau projet de mémoire à soutenir et à faire connaître.

mardi 22 août 2017

Lecture - L'ambivalence de la puissance russe (RDN)

Coordonné par Isabelle Facon (FRS) et Céline Marangé (IRSEM), le numéro d'été de la sémillante Revue de la Défense Nationale aborde dans une solide revue de plus de 200 pages plusieurs facettes de la puissance russe d'aujourd'hui. Nulle question d'y définir si la Russie est un peu/beaucoup/pas du tout un adversaire/ennemi/partenaire, mais bien de prendre le temps de se faire présenter un certain nombre d'atouts et de faiblesses de l'actuel redressement russe.
 
 
Plus de 25 articles permettent d'aborder un ensemble extrêmement varié de sujet, en en faisant une solide introduction, selon des approches géographiques, thématiques, etc.. La profondeur du traitement de ces problématiques varie beaucoup (avec parfois des traitements presqu'un peu superficiels (comme pour les évolutions de certaines relations avec des partenaires et voisins), quand d'autres sujets (par exemple, les forces navales russes à travers plusieurs articles) sont décrites avec moult détails.
 

mercredi 19 juillet 2017

Triste. Mais néanmoins, en avant. (+MAJ)

Selon tous ceux qui l'ont croisé durant toute sa carrière, un chef s'en va donc. Un vrai. Humain, très humain et franc. Pas forcément adepte de la starification dans laquelle certains l'ont un peu rangé durant ces derniers jours.
 
Merci donc pour ce que vous avez fait, mon Général.
 
 
Et maintenant, cela continue... Quoiqu’il arrive, cela continuera. Et c’est tant mieux, car il le faut. Tout d’abord, bien du courage au suivant, et à tous ceux qui restent vigilants, pour nous, sur les murailles de la cité.

MAJ 1 : il s'agit donc du général François Lecointre, personnalité d'action (il aimait d'ailleurs qu'à force, on ne le résume pas seulement à sa charge à la baïonnette à Verbanja en 1995...) et de réflexion (participant actif à la revue Inflexions), au caractère et à l'ambition plutôt différents de son prédécesseur. Bon courage à lui. Les défis politiques (qu'il connaît) et militaires restent globalement inchangés.
 
Ensuite, simplement pour rappeler qu'au-delà des questions de forme, il y a aussi aujourd’hui une vraie question de fond. Elle dépasse d'ailleurs toutes les autres.
 
Elle dépasse la question des relations civilo-militaires, eux mêmes en dessous des enjeux très immédiats, notamment du maintien de la cohésion interne des armées, qui n'a jusqu’à présent pas à rougir du maintien de ses valeurs de saine cohésion. Ces relations civilo-militaires ne sont pas uniquement des interactions entre pôles mouvants, théorisables (doctrine Georgelin et j'en passe) et enfermables dans des décrets, mais bien avant tout des affaires éminemment humaines, reposant en partie, mais en partie seulement, sur le poids de certaines habitudes. Elles peuvent donc être décortiquées, mais restent aussi en partie dans le brouillard.
 
Sur le fond, quand certains auront compris que la question n'est pas plus ou moins de budget pour la Défense et les armées, mais bien l'adéquation entre missions-moyens. En conséquence, il est fort possible de baisser le budget de la Défense, si et seulement si les missions baissent. Et que cette baisse, ce choix fait (et la quadrature du cercle actuel oblige à faire de tels choix), est assumée. Et évidemment expliquée.
 

lundi 10 juillet 2017

Irak et Syrie - Quels scénarios possibles pour l'évolution de l'engagement militaire français ?

Au-delà de quelques déclarations, relativement creuses, déclinées autour de « La campagne de la Coalition internationale n’est pas achevée et la lutte contre Daech doit être poursuivie avec détermination. La France maintiendra son effort militaire », peu de responsables politiques et militaires français se sont exprimés ces derniers mois sur le devenir à moyen terme de l’engagement militaire français en Irak et en Syrie.

Il est sans doute possible de débattre longtemps pour savoir si la reprise de Mossoul, qui devrait être annoncée d'ici quelques jours par les autorités irakiennes, est le début de la fin ou la fin du début pour l’organisation Etat islamique en Irak (et ce que "reprise" veut dire). Si elle est bien une étape, plutôt bienvenue, elle en est surtout qu’une parmi bien d’autres. D’ailleurs pas forcément la plus complexe à atteindre, malgré les souffrances et les difficultés pour y parvenir par l'ensemble des acteurs, locaux ou internationaux.

 
Actuellement, l’engagement militaire français peut se résumer en 4 blocs : 
  • Un volet commandement/soutien, à la fois national et international, permettant aux autres volets d’opérer ;
  • Un volet renseignement, auquel participe toutes les composantes (aérien, spatial, naval, du fait de l’absence de porte-avions limitant une participation au volet appui, forces spéciales, etc.) ;
  • Un volet appui : terrestre, via l’artillerie, aérien et potentiellement maritime, lorsque le porte-avions est disponible, ou potentiellement avec les missiles de croisière des frégates ;
  • Un volet accompagnement/formation, pour le coup quasi exclusivement terrestre (via forces conventionnelles et forces spéciales).
Si l’adaptation du dispositif militaire français de l'opération Chammal est quasi permanente pour appuyer la reconquête des territoires par les forces locales, quid de son évolution à moyen terme ? Censé être bâti pour répondre au mieux à la situation rencontrée (notamment à l’action de l’ennemi) autant qu'employé pour façonner la situation future, ce dispositif est donc dépendant d’un certain nombre de facteurs (plus ou moins maitrisables), qu’ils seraient bien présomptueux de décrire de manière définitive et trop assurée. Ainsi, bien plus qu'un choix ferme d'un des 4 scénarios-types décrits ci-dessous, il s'agira sans doute de placer le curseur des efforts un peu plus ou un peu moins sur l'un ou l'autre.
 

mardi 4 juillet 2017

Ouvrage - Début des précommandes de "Notre monde est-il plus dangereux ? 25 questions pour vous faire votre opinion" (+MAJ)

Précommandes possibles dès aujourd'hui d'un ouvrage didactique tentant de brosser via des chapitres de 4/5 pages un large panorama de grandes questions contemporaines : "Notre monde est-il plus dangereux ? - 25 questions pour vous faire votre opinion (via Amazon)".

Sortie effective prévue le 6 septembre 2017 chez Armand Collin, sous la haute direction de l'efficace Sonia Le Gouriellec (chercheur à IRSEM et blogeuse chez Good Morning Afrika).

Participant modestement à ma première 'rentrée littéraire' (rien que ça...), j'y signe une contribution intitulée "Armées partout, terrorisme nulle part ?" pour tenter de mettre en perspective l'apport de l'emploi des armées face à un certain mode d'action.
 4ème de couverture :

"À l’heure où la France subit des attaques terroristes sur son territoire, où Donald Trump, homme d'affaire et personnage imprévisible, est arrivé au pouvoir aux Etats-Unis, où la Russie s’affirme sur la scène internationale et où la guerre fait rage en Syrie, comment appréhender le monde contemporain et clarifier ce qui relève des faits, des discours ou des interprétations du contexte international. Sommes nous réellement en guerre ? Quelle politique de défense pour la France et l'Europe ? Quelle sera la place de la France dans une monde en crises ?

Pour ne plus se contenter des idées reçues, les auteurs dissipent les malentendus et répondent aux 25 questions essentielles.

Les auteurs sont des spécialistes dans leur domaine et venus d’horizons et de disciplines différentes: politistes, sociologues, historiens, militaires, journalistes, blogueurs…
  • Jean-Jacques Roche, Professeur en Science politique à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, Directeur de la formation, des études et de la recherche de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).
  • Yves Trotignon, Chercheur associé à l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand, Université du Québec à Montréal, ancien agent de la DGSE, blogueur.
  • Florent de Saint Victor, Consultant et rédacteur du blog Mars Attaque.
  • Damien Simmoneau, Enseignant-Chercheur à l’Université Paris 13, Chercheur associé au Centre Emile Durkheim à l’Université de Bordeaux
  • Elyamine Settoul, chercheur associé au CERI (Sciences Po Paris).
  • Olivier Schmitt, Associate Professor en science politique à l'Université du Danemark du Sud.
  • Stéphane Taillat, ‎Enseignant-Chercheur au Centre de Recherches des Ecoles de Coëtquidan.
  • Sophie Boisseau du Rocher, Chercheur associé au Centre Asie de l'Ifri
  • Nicolas Henin, Journaliste, auteur de « La France russe: Enquête sur les réseaux de Poutine ».
  • Joseph Henrotin, à l’Institut de Stratégie Comparée (ISC) et rédacteur en chef de la revue Défense et Sécurité International (DSI).
  • Brice Erbland, Officier supérieur au sein de l'aviation légère de l'armée de terre.
  • Benjamin Oudet, Doctorant à l'Université de Poitiers
  • Marianne Péron-Doise, Chercheure à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM).
  • Samuel Faure, Chercheur au CERI SciencesPo Paris, Enseignant à Sciences Po Lille.
  • Yves Gounin, Ancien élève de Sciences-Po Paris et de l'ENA, conseiller d'État,
  • Colonel Hervé Pierre, Directeur adjoint de la revue Inflexions.
  • Marie Peltier, Historienne
  • Romain Mielcarek, doctorant, journaliste et blogueur."
Nous aurons l'occasion d'en reparler...

MAJ 1 : pour suivre l'actualité de la sortie du livre, une page Facebook a été créée.